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    EXPLORER

    Autoportrait d’un homme avec son vélo de cyclotourisme chargé qui circule sur une petite route sinueuse au bord d’un lac.
    Depuis trois semaines, je roule sur l’île de Terre-Neuve. Ça y est, je vis mon rêve d’explorer le Canada !

    Ma traversée du Canada à vélo d’est en ouest et en solitaire

    L’expédition en chiffres
    Suis-je prêt ?
    Sur la route
    Mon rêve et ceux des enfants malades
    Jour 100
    Le hasard des rencontres
    L’hiver arrive !
    Surprise à Vancouver…
    Est-ce vraiment la fin ?

    L’expédition en chiffres

    1 rayon cassé
    3 changements de chaîne
    8 pneus
    9 crevaisons
    15 km/h : vitesse moyenne
    18 % : pente la plus raide
    18 heures : plus longue journée
    -30 degrés Celsius : plus froide journée
    70 kg : poids de mon vélo avec ses bagages
    100 km/h : vent le plus fort
    215 km : plus longue journée

    16 500 km : distance totale

    Suis-je prêt ?

    11 mai 2007 – J’arrive à minuit en avion dans la province de Terre-Neuve. Trois heures plus tard, je rejoins à vélo l’endroit le plus à l’Est en Amérique du Nord. Je distingue alors une lumière tournant inlassablement et le phare du Cap Spear m’accueille à grand coup de corne de brume. À cet instant, une sensation étrange m’envahit. Je suis étourdi à l’idée de penser qu’à la force de mes jambes, je m’apprête à traverser le deuxième plus vaste pays au monde !

    Je me suis entraîné physiquement en pédalant 50, 100 et même 180 km. Et après ces trois jours consécutifs, j’ai compris que mon mental fera toute la différence pour ma traversée en solitaire. Côté équipements, tout est là, un vélo de cyclotourisme Devinci, des habits Louis Garneau et mes sacoches Arkel contiennent le nécessaire pour vivre en autonomie complète : réchaud, gamelles, tente, sac de couchage, etc.

    Côté finance, cela fait des mois que j’économise le moindre dollar, j’ai même vidé mon appartement avec l’aide de mon ami Claude Morissette. Enfin, bien que je m’attende au meilleur durant cette expédition, je me prépare aussi au pire. Et pour la première fois de ma vie, j’ai écrit mon testament. Je suis surexcité de débuter ce nouveau rêve tout en ayant peur d’échouer… Suis-je réellement prêt ?

    Illusion d’optique d’une route asphaltée qui semble plonger dans l’océan.
    Encore un détour, cette fois-ci en Nouvelle-Écosse pour sillonner le littoral de l’île du Cap-Breton avec ses magnifiques vues sur l’océan. Cette route panoramique d’environ 300 km se nomme la piste Cabot à la mémoire de l’explorateur vénitien Jean Cabot.

    Sur la route

    Pour traverser le Canada depuis St. John’s à l’Est jusqu’à Vancouver sur la côte Ouest, il faut parcourir au moins 7200 kilomètres. Sauf que le chemin le plus court ne m’intéresse pas vu que je souhaite publier un beau-livre sur le Canada. En quête des trésors de mon nouveau pays d’adoption, j’estime mon itinéraire à plus de 16 000 km.

    « En voyageant de l’Est vers l’Ouest, tu vas rouler contre les vents dominants ! », m’avertissent plusieurs personnes avant mon départ. J’en suis conscient et dès mes premiers kilomètres à Terre-Neuve, je me livre à un combat inlassable contre le dieu Éole. Jour après jour, je finis par m’habituer à sa présence et à vivre avec lui. Bien que je pédale lentement, j’avance quand même !

    Après le vent, je dois aussi apprivoiser ma monture de 70 kg. Persuadé que mon plus gros défi sera la traversée des montagnes Rocheuses, il est hors de question de poser mes pieds à terre pour marcher dans les « petites » montées de Terre-Neuve. Par ignorance et par orgueil, lorsque les pentes raides se succèdent, je force et je mets l’ensemble de mon poids sur mes pédales. Et sans surprise, après seulement 250 km, je me blesse au genou droit. Cette erreur de jugement m’a valu par la suite bien des ascensions difficiles. Mais, peu importe le sens du vent et les montées à gravir, ce qui compte réellement, c’est POURQUOI je fais mon premier voyage à vélo.

    Par une journée brumeuse, un homme pousse son vélo de cyclotourisme chargé dans une montée abrupte.
    Avec mon genou droit douloureux, je parcours 20 km en trois heures sur la route du parc national de Fundy au Nouveau-Brunswick. Mon record de lenteur !

    Mon rêve et ceux des enfants malades

    D’une province à l’autre, je rencontre des enfants malades. John, 14 ans, m’a raconté sa gratitude envers la Fondation Rêves d’enfants. La Maman du petit Dave, 3 ans, m’a expliqué que « c’était rassurant de savoir qu’en cas de problème, la fondation était là pour les soutenir » puis aussi Brandon, Kurtis, Shelby, etc. Certains rêvent de jeux d’enfants, d’autre d’un voyage ou d’une rencontre avec leur idole à Hollywood. « La fondation a même réalisé le rêve d’un enfant voulant faire de l’aide humanitaire en Haïti », me raconte Annick, coordonnatrice à Québec. Quelle bonne idée d’aider des enfants malades à réaliser leurs souhaits tout en suivant mon rêve d’explorer mon nouveau pays d’adoption ! 

    Bientôt trois mois que je roule en solitaire. Les prochains kilomètres s’annoncent très différents puisqu’une vingtaine d’ami.e.s me rejoignent à Québec. Toutes et tous ont deux objectifs en tête : pédaler en totalité ou en partie 300 km pour atteindre Montréal et récolter de l’argent pour les rêves des enfants malades. Merci infiniment à ces ami.e.s au grand cœur !

    Une vingtaine de personnes, pose pour la photographie avec quelques vélos.
    Ci-dessus de gauche à droite : Michel, Julie, Mélanie, Véronique, ?, Frédérick, Patrick, moi, Dominic, Sylvie, Franck, Éric, Claude, Émilie, ?, Suzanne, André, Diane, Anne et Alain

    Jour 100

    Après ces trois jours mémorables entre ami.e.s, notre peloton arrive à Montréal. La joie se lit sur tous les visages, l’ambiance est festive et la fatigue a disparu d’un coup. En ce 19 août 2007, je pédale depuis 100 jours et j’ai parcouru plus de 7000 km grâce à mon vélo. Quelle invention incroyable !

    Après Montréal, direction Ottawa avec mon amie Liliane puis je continue en solitaire vers Toronto. Après une journée de 190 km, j’arrive épuisé au cœur de la métropole canadienne. En ce samedi soir, la vie bat son plein, la foule flâne le long du waterfront et les terrasses sont bondées. C’est bien beau tout cela, mais… où vais-je dormir ? 

    Tard dans la nuit, alors que le calme s’installe, je décide de descendre mon vélo sur un quai sans bateau. J’y déroule mon tapis de sol et mon sac de couchage. Ici au moins, je ne dérange personne et j’espère ne pas être dérangé… 

    Les jours et les semaines suivantes, je passe d’un extrême à l’autre. Après la frénésie urbaine, je rejoins la tranquillité des forêts ontarienne, je longe les rives sauvages du lac Supérieur et je découvre l’immensité des Prairies canadiennes. 

    Petite marina avec un bateau de croisière aux pieds des immeubles illuminés.
    Bien que Toronto soit la ville la plus peuplée du pays, sa population s’avère bien moindre que celle de Tokyo qui possède en réalité plus d’habitants que le Canada tout entier !

    Grand champ agricole avec une petite cabane en bois au lever du soleil.
    Au Canada, les vents dominants soufflent vers l’ouest. Résultat, cette cabane en Saskatchewan penche vers le lever de soleil. Peut-être aussi que cette construction a déjà un certain vécu…

    Le hasard des rencontres

    « Au milieu de nulle part, on trouve de tout ! » m’explique Ann lors de mon passage en Saskatchewan. Ses mots ravivent des souvenirs de rencontres inspirantes…

    À Terre-Neuve, dans un village de trois âmes, j’ai rencontré Stan Tobin l’un des environnementalistes les plus respectés de toute l’île. Le NY Times a écrit un article sur son combat afin de sauver les oiseaux de mer de la pollution aux hydrocarbures. En Nouvelle-Écosse, je suis tombé sur Suzanne Melanson. Ses ancêtres ont fondé le village de Grand Pré en 1680. « L’Acadie, c’est mon identité, mes racines, dit-elle. Je suis très fière qu’elle existe encore car mes ancêtres ont travaillé tellement fort… » Aujourd’hui « Le Paysage de Grand-Pré » figure sur la prestigieuse liste des biens culturels du patrimoine mondial de l’UNESCO. Et lors de mon passage à Thunder Bay en Ontario, j’ai rencontré la cinéaste Kelly Saxberg et le docteur Ron Harpelle. Dans le cadre d’une série de documentaires intitulée Citoyens du monde, ces deux humanistes ont voyagé en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Le but ? S’entretenir avec des spécialistes canadiens, des scientifiques et des équipes de recherche locales œuvrant dans le développement durable. D’un océan à l’autre, ma traversée est ainsi rythmée par ces rencontres fortuites, inspirantes et touchantes. 

    Et ce ne sont que quelques exemples parmi des centaines de rencontres. Quel bonheur de savourer l’instant présent et de grandir ensemble !

    Un homme et une femme tenant un clap de cinéma dans les mains regardent le photographe.
    En 2007, la cinéaste Kelly Saxberg et le professeur d’histoire Ron Harpelle travaillaient sur une série de documentaires intitulée Citoyens du Monde.

    L’hiver arrive !

    22 novembre 2007 – Avant de quitter Calgary, j’installe des pneus neige sur mon vélo. À partir de ce moment-là, je peux dire officiellement que l’hiver est arrivé. Il fait en général -15 degrés Celsius toute la journée et la route reste blanche. Est-ce que je redoute les tempêtes de neige et les vents glacials ? Oui et non…Grâce à mes précédents hivers montréalais à vélo, j’ai compris deux choses essentielles. Pour rouler sur la neige, il ne faut pas freiner et ne pas changer de directions brusquement sinon, c’est la perte de contrôle assurée ! 

    Les jours suivants, je reçois sans cesse le même avertissement. « Est-ce que tu sais qu’il y a beaucoup de neige dans les montagnes Rocheuses et qu’il peut y faire -40 degrés Celsius ? » Avec des équipements adéquats, je me sens prêt à affronter ces conditions. Enfin, je crois…

    Finalement, entre Calgary et Hope, j’ai parcouru quelque 1800 km et franchis plus de 10 000 mètres de dénivelé positifs et négatifs. Oui, il y a eu des moments difficiles, des ascensions épuisantes, des descentes vertigineuses et des nuits glaciales dans mon sac de couchage rempli d’humidité congelée. Des bris aussi : l’armature de ma tente et mon porte-bagages arrière. Et même la gastro en camping par -20 degrés Celsius.

    Bref 34 jours intenses !

    J’ai reçu aussi de merveilleux cadeaux de la vie. À Calgary avec Angela Lovegrove et sa famille, puis à Jasper au gîte de Sherrill Meropoulis pour quelques jours de repos. J’ai célébré Noël à Kelowna avec Stéphanie Newell, Chuck et leurs proches. Et j’ai même dormi gratuitement une nuit au Fairmont Château Lake Louise ! Et après une descente hallucinante, l’année 2007 s’achève pour moi au village de Hope. Je réalise alors que je suis à moins de 200 km de Vancouver.

    Paysage montagneux en hiver avec une personne de dos roulant avec son vélo de cyclotourisme chargé sur la route enneigée.
    Voici l’une des routes panoramiques les plus belles du Canada ! Entre Jasper et Lake Louise, la route des Glaciers s’avère très populaire en été. Alors qu’à la mi-décembre, je n’ai croisé à peu près personne durant ces 229 km parcourus en quatre jours.

    Surprise à Vancouver…

    27 janvier 2008 – Depuis trois semaines, je demeure à Vancouver chez mon amie Élodie Balme et son copain Mathieu Cruypenninck. Mon corps se repose tandis que ma tête se concentre sur les maquettes de mon second livre. Bien sûr, je poursuis ma collecte de fonds pour les rêves des enfants malades. D’ailleurs, cette journée-là, je parle au téléphone avec mon ami Alain Desjardins. Depuis des mois, ce maître d’œuvre de HIBOU Communications m’aide généreusement pour mes relations avec les médias afin de promouvoir la Fondation Rêves d’enfants. Grâce à lui, j’ai eu plusieurs entrevues à la télévision notamment avec Louis Lemieux à RDI, à la radio et de nombreux articles dans les journaux. 

    « As-tu lu le commentaire reçu sur ton blogue ? » m’interroge Alain.

    Oui, dis-je avec un petit sourire… Pas besoin d’en dire plus pour le moment, Alain a bien compris qu’il allait sûrement entendre de nouveau parler de cette charmante Québécoise !

    Salut Bertrand,

    Je viens de voir ta photo sur la couverture de l’Express du Pacifique (journal francophone au BC). Beau trip et beau projet !! 

    Je suis à Vancouver pour l’hiver et je reviens d’un trip de vélo d’un an en Amérique du Sud. […] J’adore rencontrer d’autres fous du vélo !! On peut simplement aller prendre un verre, donne-moi des nouvelles là-dessus !!

    Bonne route !!!

    Vanessa

    Sur des roches au bord de l’océan Pacifique, une femme se tient en équilibre sur une jambe au coucher du soleil.
    Mes premiers moments en compagnie de Vanessa. Ensemble, nous explorons le superbe parc Lighthouse situé à l’ouest du centre-ville de Vancouver. Un instant magique !

    Est-ce vraiment la fin ?

    Reprendre la route n’est pas facile, je me suis tout de même arrêté plusieurs semaines à Vancouver. Au fur et à mesure que les kilomètres défilent de nouveau, la forme revient. Après Victoria et Nanaimo, j’arrive à Port Alberni. J’y achète des petites choses à manger puis je poursuis dans l’idée de camper plus loin. Malgré la nuit qui s’installe, je continue à rouler bien éclairé par mes lumières à l’avant et à l’arrière. Tandis que la route semble grimper vers les hauteurs, aucun endroit pour camper en vue. Pas le choix d’aller plus loin… Bien plus tard, même si j’arrive au sommet, je dois poursuivre jusqu’à ce que les bancs de neige diminuent. Finalement, je plante ma tente à 22 h 30, la journée a été longue. 

    Le lendemain, je rejoins Tofino où je découvre la plage de Mackenzie nommée ainsi en mémoire du premier Européen ayant traversé le Canada en 1792. C’est là que mes roues laissent leurs traces dans le sable au bord de l’océan Pacifique. En 9 mois, j’ai pédalé plus de 16 000 km. Sans oublier que la collecte au profit de la Fondation Rêves d’enfants a permis d’amasser près de 30 000 $ pour les rêves des enfants malades. Quel beau travail d’équipe !

    Dans un article sur le meilleur du Québec du Reader’s Digest, le journaliste Claude Lebrun écrivit ceci avant mon départ : « Bertrand Lemeunier est un jeune homme pressé qui aime prendre son temps ».

    Plus que jamais, j’ai compris que cela consistait à porter mon rêve un jour à la fois, à être patient et persévérant. Au fil des saisons, j’ai même appris à m’adapter et à dépasser mes propres limites. Ainsi, à mon rythme, j’ai pu avancer contre les vents dominants et affronter l’hiver car je savais pourquoi j’étais là. Bien sûr, je tentais de trouver mon équilibre en chemin afin de savourer chaque instant que la vie m’offrait, chaque connexion avec les gens. Finalement, cette aventure à vélo m’aura permis d’atteindre une liberté incomparable. J’ai pu sentir, entendre, toucher, goûter et voir le Canada. « Le voyage d’une vie », ai-je pu entendre à maintes reprises.

    Pourtant, à cet instant, seul sur cette plage, j’ai le sentiment que la fin de ce périple s’avère en réalité le début d’une autre aventure. Peut-être à deux avec Vanessa, elle-même adepte des voyages à vélo…

    Plage de sable au coucher du soleil et silhouette d’une personne avec son vélo de cyclotourisme chargé.
    Point le plus à l’ouest de ma traversée du Canada à la plage de MacKenzie. À la fin de cette expérience unique, une chose m’apparaît évidente. Si vous aimez les surprises, vous allez aimer le cyclotourisme !

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    TERRA TRIBUTA

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