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    EXPLORER

    Deux cyclotouristes roulent vers la caméra sur le sable au bord de l’océan.
    « Dans 20 ans, vous serez plus déc?u par ces choses que vous n’aurez pas faites que par celles que vous aurez faites. Alors, larguez les amarres. Mettez les voiles et sortez du port ô combien sécurisant. Explorez. Révez. Découvrez. » Mark Twain

    Un an au Brésil | 9 000 km à vélo

    L’expédition en chiffres
    Bienvenue au Brésil
    Défis sur la route
    Rencontres inspirantes
    La vie à l’improviste
    Un plan B inattendu

    L’expédition en chiffres

    1 roue cassée
    3 changements de chaîne
    8 pneus
    10 km/h : vitesse moyenne
    16 crevaisons (Vanessa 6, Bertrand 10)
    18 % : pente la plus raide
    40 °C : nos journées les plus chaudes
    9 000 km : distance totale parcourue à vélo
    40 000 mètres de dénivelé positif (calcul approximatif)

    Bienvenue au Brésil

    Pour la première fois de ma vie, je découvre un pays et une nouvelle langue en même temps. Heureusement pour moi, Vanessa a de bonnes bases en espagnol. Ainsi commence notre aventure en baragouinant le portugnol. Ce mélange linguistique est populaire dans les régions frontalières. Grâce à ses origines latines, je suis parvenu après plusieurs mois à parler, comprendre et lire cette magnifique langue. Disons que le portugais est plus facile que le russe ! L’expression fique à vontade (mettez-vous à l’aise) a souvent résonné dans nos oreilles. Tout au long de notre aventure, l’accueil brésilien a été pour nous un véritable coup de cœur, un hymne à l’amitié et à l’amour.

    Près d’une nature luxuriante, un jeune homme et une jeune jeune posent pour la photo avec leurs vélos et un couple à la retraite.
    Dès notre première nuit au Brésil, le hasard nous a menés au bon endroit et au bon moment chez Terraflor et Margo !

    Défis sur la route

    Quel que soit le pays, un voyage sur deux roues apporte toujours son lot de défis. Lu dans le Lonely Planet Brésil : « Le cyclotourisme est peu recommandé, longues distances, camions innombrables sur les grands axes […] risque de vol, etc. » De bons réflexes nous ont d’ailleurs permis d’éviter la collision frontale avec un camion qui en dépassait un autre…

    Imposants cactus entre deux cyclotouristes avec des chandails blancs qui roulent vers la droite.
    En direction de Jericoacoara par la Rota das Emoções, la route des émotions – Piauí.

    C’est à São José dos Ausentes, à 1 200 mètres d’altitude, que nous avons rencontré, André, notre premier cyclotouriste. Lors de notre passage en juin, il y faisait 3 °C. La neige n’est pas rare en juillet dans les montagnes du Rio Grande do Sul. C’est aussi avec André que nous avons vécu le moment le plus épeurant de notre aventure. Nous étions assis à même le sol en train de manger quand, tout à coup, une voiture de la Police Routière s’est arrêtée. À l’époque, je ne comprenais encore rien du portugais. Mais le message était clair… Ces hommes nous menaçaient avec leurs armes et voulaient vérifier nos papiers. Après quelques minutes, la tension a diminué. Par contre, notre ami brésilien, qui protestait, a eu droit à la fouille de ses bagages. À la suite de ce contrôle de papiers, disons musclé, André nous a donné le meilleur conseil de notre voyage : « En cas de besoin, le peuple brésilien sera toujours là pour vous. »

    Mais durant cette aventure, notre plus grand défi fut toutefois le Soleil. Seulement dix jours de pluie en un an. Coups de chaleur, fatigue, la température pouvait dépasser les 40 °C. De plus, la sècheresse rendait nos ravitaillements en eau délicats. Pas moins de 10 litres par jour pour deux.

    Près d’une dune et d’un palmier, une femme dans la trentaine pousse un vélo chargé dans un chemin sablonneux.
    Pour beaucoup, plages de sable riment avec vacances. Disons qu’avec nos vélos de plus de 65 kg chacun, ce n’était pas toujours le cas…

    Rencontres inspirantes

    Belém, Manaus, Fortaleza, Salvador. Régulièrement, ces grandes villes brésiliennes sont, année après année, sur le sinistre palmarès des 50 villes les plus dangereuses au monde. Sans vouloir balayer d’un revers de la main ce fléau, il faut savoir que la plupart du temps, cette violence brésilienne ne concerne pas les touristes. Ici comme ailleurs, il est possible d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Vanessa et moi étions donc préparés au pire, tout en nous attendant au meilleur. Lors de notre périple, nous avons visité huit villes de ce sombre tableau, dont le centre urbain de Recife. 

    Paysage urbain avec au premier plan une végétation luxuriante et des vielles maisons colorées, tandis qu’au loin se dressent des immeubles modernes.
    Au premier plan, le cœur historique d’Olinda contraste avec les immeubles modernes du centre-ville de Recife au loin.

    C’est là que notre amie Audrey est intervenue en nous disant : « il faut que vous rencontriez Bel et Mago à Recife. Vous allez les adorer ! ». Ces deux personnes inspirantes (ci-dessous), nous ont accueillis à cœur ouvert au Centro de Capoeira São Salomão.

    Entrons ensemble dans une roda ! La musique résonne au rythme du berimbau, un arc musical sans doute d’origine africaine. Dans son autre main, Maître Mago tient un petit caxixi en forme de cloche. Autour de lui, Bel et Buiu jouent avec des pandeiros, une sorte de tambours avec des cymbalettes. C’est alors que les chants commencent en chœur avec les élèves tapant des mains. Au milieu du cercle, les deux capoeiristes se préparent à la danse-combat.

    Les mouvements, lents ou vifs, y sont incroyablement précis et les acrobaties renversantes. Mais ce qui me fascine le plus, c’est qu’il n’y a aucun contact (en théorie). À mes yeux, cela ressemble à un jeu, un mélange subtil entre le duel et la danse acrobatique où toutes les parties du corps sont mises à contribution. Sourires aux lèvres, les deux capoeiristes font alors preuve de créativité, de force et de souplesse. Et après plusieurs combats, Maître Mago, Bel et Buiu ralentissent le rythme, tandis que l’harmonie et la paix flottent encore au-dessus de la roda. Magique !

    Une femme en t-shirt blanc et un homme en t-shirt bleu sourient au photographe. Derrière eux, on peut apercevoir au mur, de longs instruments colorés et constitués d’une seule corde.
    Maître Mago et sa femme Izabel du Centro de Capoeira Sao Salomao à Recife. Derrière eux, ces instruments colorés se nomment berimbaus.

    Depuis 1997, le Centro de Capoeira São Salomão s’engage aussi dans la communauté. Par exemple, lors de notre passage, des enfants faisaient partis du programme Caxinguelês. Chaque jour, avant ou après l’école, ils avaient des cours de lecture, d’écriture, de musique et bien sûr de capoeira. Plus récemment, le projet Caxinguelês Jovem a impliqué pendant cinq mois, pas moins de quatre-vingts adolescents et adultes. À Recife, les besoins sont immenses. On y dénombre plus de 60 Zones Spéciales d’Intérêt Social (ZEIS). Hier Pina, aujourd’hui ce n’est pas une, mais cinq ZEIS autour du nouveau local du Centro de Capoeira São Salomão. Aux sons des berimbaus, rejoignons de nouveau la roda où l’éducation, l’amour et la préservation s’unissent pour combattre la misère.

    Un homme autochtone en habit traditionnel donne une entrevue filmée avec une femme de dos près d’une petite tente et d’une maison en brique.
    Dans la communauté d’Aldeia Velha, Paty s’implique dans un projet d’éducation indigéne et l’affirmation culturelle de son peuple constitue son combat quotidien.

    Au Brésil, la population indigène augmente année après année (selon les dernières statistiques, 900 000 habitants). Par contre, sur les quelque 240 tribus restantes à ce jour, 73 sont constituées de moins de 500 personnes et 18 de moins de 100 âmes. Dans le sud de l’État de Bahia, nous avons exploré, sur plusieurs jours, deux des 36 aldeias Pataxós. Cliquer ici pour découvrir L’arc digital des Pataxós.

    La vie à l’improviste

    « Demandons à la première maison à gauche pour camper ». Si la réponse était não, nous continuions jusqu’à obtenir un sim. Au début, les gens avaient des doutes et une certaine méfiance envers des inconnus arrivant à vélo. Mais, la curiosité l’emportait. Puis, en peu de temps, la confiance s’installait. Régulièrement, nous avions le privilège de partager le traditionnel arroz com feijão avec nos hôtes. Ils nous proposaient une douche et parfois, nous avions l’opportunité de laver notre linge et même de dormir dans une chambre. Dans les grandes villes, nos lieux de séjour étaient mieux planifiés. Le site warmshowers.org était alors un allié précieux. Même simplicité, même vision avec nos hôtes : l’amour du voyage à vélo et des rencontres.

    Une famille constituée de quatre générations pose pour la photo.
    Quel merveilleux séjour à Belém grâce au cycliste Lupa (assis à terre) et sa chaleureuse famille !

    Durant cette année au Brésil, nous avons été plus chanceux que Youri, un cyclotouriste russe croisé sur la fameuse BR-101. « J’ai beaucoup voyagé à travers le monde et le Brésil est un des pays les plus difficiles. Il y a des champs et des fermes clôturées partout et c’est impossible de camper », nous a-t-il dit. Pas facile aussi, pour un homme seul et ne parlant pas la langue locale. De notre côté, en roulant sur les routes secondaires, nos sites de camping ont été variés. Chez les gens, bien sûr, mais aussi : bord de route, plage, église, salle communautaire du village, caserne de pompiers, station à essence et même des enclos à bétail !

    Une femme est assise sur le rebord d’une falaise escarpée qui surplombe l’océan. À côté d’elle, on peut apercevoir une tente verte et des vélos de cyclotourisme.
    « Si tu veux dormir ici, c’est toi qui montes les sacoches et les vélos », m’avait dit Vanessa épuisée par notre journée. Huit voyages plus tard, notre tente était installée près d’Icapuí dans l’état du Ceará.

    Un plan B inattendu

    Je n’en reviens pas encore que cette merveilleuse aventure sous le soleil du Brésil est née à la suite de l’échec de notre expédition en Russie…

    Malgré le soutien de l’ambassade de Russie à Ottawa et du Ministère des Affaires Étrangères du Canada, notre requête spéciale d’un visa d’un an était restée sur la glace du lac Baïkal. Et après plusieurs semaines d’attente, le téléphone avait sonné enfin : « Le Ministère des Affaires étrangères de Moscou vous octroie un visa d’un mois. » UN MOIS ?!? Notre monde s’était écroulé après deux ans à apprendre l’alphabet cyrillique, le russe, à faire toutes nos démarches, à préparer nos équipements et notre itinéraire de 10 000 km. Rien à faire. « Ne séjourne pas un an au pays des tsars qui le veut », avait conclu à l’époque la journaliste charlevoisienne Émélie Bernier. Notre maison était louée, nous devions partir. Mais où ? 

    Vanessa m’avait redonné le sourire en me proposant un plan B comme Brésil. Je m’en souviens comme si c’était hier, l’excitation était à son comble ! Ce changement de cap était brusque, extrême et inattendu. Pourtant, seulement dix jours après notre naufrage russe, nous nous envolions en direction de l’inconnu.

    Au coucher du soleil dans une grande baie, un enfant, verre à la main, lance un filet d’eau arrondi dans les airs.
    La lumiére est vie. La vie est lumiére. Un coucher de soleil et un enfant qui joue dans l’eau. Rien d’extraordinaire peut-étre. Pourtant, à mes yeux, cette image résume bien notre périple au Brésil. Quelle expédition contrastée ! Que d’instants décisifs ! Que de surprises tout au long du voyage !

    Avec le recul, je réalise que ce plan B inattendu était sans doute préférable à notre projet initial aux pays des tsars. Quelle leçon de vie pour nous ! Dans notre livre et notre documentaire sur le Brésil, Vanessa et moi souhaitons partager avec vous une certaine partie de notre voyage. Cependant, l’essentiel est invisible pour les yeux et demeure dans nos cœurs. Le Brésil nous a même offert le plus beau cadeau au monde… Vanessa était enceinte durant les trois derniers mois de notre périple !

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